Il faut le dire tout de suite, elles ont fait autant sinon plus de victimes, parmi les plongeurs, que la profondeur. Quand on entre dans une épave, pour en sortir ensuite, il faudra souvent effectuer tout le même parcours, en sens inverse. En cas d’urgence (panne d’arrivée d’air), cela peut être trop long. De plus, elles regorgent d’endroits coupants et de saillants pouvant sectionner un tuyau ou le bloquer. Si elles contiennent de la vase ou du sable très fin, il se soulève avec le palmage, pouvant amener à se perdre et à ne plus retrouver la sortie, même si l’on a un éclairage à sa disposition (le fil d’Ariane, déroulé à l’aller, est indispensable). Autre piège, dans les épaves les plus rouillées : le panneau qui se déplace brusquement, ou bien la plaque du plafond qui s’abaisse, et qui viennent couper la retraite vers l’issue d’entrée. Des filets peuvent traîner dans certains cales, jouant alors le même rôle qu’une toile d’araignée géante… Se contenter de la parcourir de l’extérieur est donc fortement conseillé, en veillant à la présence possible des obstacles dont nous venons de parler (filets, arêtes coupantes…). Ces précautions prises, il est vrai que c’est un thème très photogénique, avec son atmosphère très particulière, mélange d’une présence humaine à travers cet objet manufacturé, et des espèces endémiques qui vont vite l’adopter et de plus en plus la coloniser, pour finir par la faire totalement disparaître sous les algues et les concrétions diverses. Les dimensions de tout navire, même assez petit, rendent normalement impossible sa « couverture » par un flash électronique. Ce qui amène à travailler en lumière naturelle, au moins pour la vue d’ensemble (si la transparence de l’eau donne une visibilité suffisante sur toute son étendue). Pour avoir des images de qualité, et de profondeur de champ suffisante, l’on pourrait envisager l’emploi d’un pied photographique (lourdement lesté), et un travail en vitesses lentes ou en pose B. Autre possibilité, le jour et surtout de nuit, faire de l’open flash, toujours en pose B, tandis qu’un plongeur déclenche le flash électronique, en divers endroits du bateau, successivement. Mais, en veillant bien à ne pas se placer entre l’éclair et l’appareil photographique sous peine d’être visible sur l’image, comme une silhouette noire. Encore une fois, sauf effet volontaire.

Les épaves sous-marines

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